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Agir ensemble pour une économie équitable

Lexique


«Tel mot est parfaitement clair quand vous l'entendez ou l'employez dans le langage courant et qui ne donne lieu à aucune difficulté quand il est engagé dans le train rapide d'une phrase ordinaire devient magiquement embarrassant, introduit une résistance étrange, déjoue tous les efforts de définition quand vous le retirez de la circulation pour l'examiner à part et que vous lui cherchez un sens après l'avoir soustrait à sa fonction momentanée.» (P. Valéry)

Index des termes : consommation, commerce équitable, autogestion, filière, produit, marges, coût, prépaiement, capital, microcrédit, importation.

Consommation

Usage qui rend inutilisable ou détruit le produit, à l'exemple du carburant utilisé pour un moteur à explosion ou du fruit qu’on mange. La consommation est donc une forme d'usage et l'utilisation l'obsolescence, la destruction, l'usure du produit concerné. Une organisation économique productiviste nécessite de s'appuyer sur un élargissement de l'usage de la consommation à des produits non concernés antérieurement à l'exemple des contenants ou des emballages que sont les bouteilles d'eau ou les stylos.

Commerce équitable

1. Forme d’échange où les partenaires s'assurent que les termes de l'échange (prix d'achat, délais de paiement...) permettent la rémunération du travail, le renouvellement de l’activité, l'indépendance des travailleurs aussi bien pour les fournisseurs que pour le client.  

2. Tout commerce n'est possible que part une coopération entre des producteurs, des transformateurs, des transporteurs, des commerciaux au sein d'une filière. La démarche d'exigence d'équité dans les transactions commerciales doit donc consister à envisager une rémunération plus « équitable » aux travailleurs quels qu'ils soient, et ou qu'ils soient. Toutefois cette exigence est une démarche compliquée dans un mode généralisant les relations d'exploitation, de subordination, d'inéquité. De nombreuses organisations restreignent les démarches d'équité commerciale aux relations commerciales entre des producteurs de matière première des pays du « Sud » et les importateurs grossistes des pays du « Nord ». En France, cette vision restrictive est soutenue par l'État depuis août 2005 à travers une loi. En réaction, une pétition a été initiée par Minga, la Confédération Paysanne et le réseau Breiz ah reiz  en 2006 pour dénoncer une telle restriction de l'appellation « commerce équitable » .

Autogestion

1. Gestion d'une entreprise par ceux qui y travaillent.  

2. L'autogestion est un projet démocratique d'organisation des prises de décisions. Elle s'inscrit comme un contre-modèle aux modes d'organisation réservant le pouvoir de décision aux seuls possédants du capital de l'entreprise ou divisant les travailleurs entre les ayant droits aux décisions (les rôles de direction et d'encadrement) et les autres (les travailleurs manuels). En France, les sociétés coopératives de production (Scop) peuvent favoriser une telle forme d'organisation des prises de décision.

Filière

1. Ensemble des activités nécessaires et complémentaires de l'opération d'extraction des matières premières jusqu'à l'opération de distribution finale.  

2. Certaines filières sont très longues tout d'abord par la complexité du produit (un ordinateur par exemple), et ensuite par la provenance géographique de ses différents composants ou ingrédients (cacao de Côte d'Ivoire). Même si le commerce international prend de plus en plus d'ampleur, encouragé par ceux qui peuvent en tirer un profit immédiat, la plupart des produits et services sont commercialisés dans leur région de production.

3. Percevoir une activité économique comme insérée dans une filière c'est reconnaître les liens de solidarité qui nous unissent aux autres et envisager que nos actions ont des incidences. Sans le producteur de houblon, sans le système d'arrivée d'eau, le brasseur de bière n'aurait rien à brasser et le cafetier rien à vendre.

Produit

1. L'activité économique conduit à la production de biens matériels (téléphones, vêtements, etc.) et immatériels (services) à l'exemple du diagnostic d'un médecin, forfait de téléphone, etc.  

2. Cette distinction générale en fonction de la nature du produit ne doit pas faire ignorer la base matérielle nécessaire à l'existence de tout service. Utiliser un forfait de téléphone nécessite en dehors de l'appareil toute une infrastructure de câblage, d'antenne, de satellite ou de centres d'appel. Cette approche de la base matérielle des services permet d'interroger l'empreinte écologique et de questionner la notion de « dématérialisation de l'économie ».

Marge(s)

La marge est la différence entre le prix de vente et un ensemble de coûts déterminés. La marge, quelle qu'elle soit, s'identifie à l'égalité suivante: Marge = Prix de vente – Coûts. Comme toutes catégories de calcul, la marge est une construction et s'identifie aux éléments que l'on veut bien y mettre. On peut par exemple parler de marge de production ou de marge de commercialisation. Ainsi, il est nécessaire de définir à partir de quel composant de coût (loyer; frais de fonctionnement, salaires, transport, etc.) se calcule la marge par rapport au prix de vente.  

Marge commerciale: (ou marge brute) correspond à l'écart entre le prix de vente d'une marchandise et son prix d'achat. La marge commerciale ne prend pas en compte la rémunération du travail et du capital, ni les consommations intermédiaires.  

Marge arrière: Factures de coopération commerciale, réelle ou supposée (mise en avant des produits, campagne de promotion, ...), versées par les fournisseurs de marchandises à la grande distribution. Cette pratique imposée par la grande distribution aux fournisseurs met en péril leur équilibre financier.


Coût(s)

1. Évaluation monétaire des valeurs consommées pour élaborer un produit*. Le coût peut se mesurer d'une manière exhaustive (« coût de revient* ») ou de manière partielle  (« coût d'achat », « coût de production », « coût de distribution »). Les coûts sont dit directs quand ils concernent des engagements financiers directement liés à la réalisation d'un produit, à l'exemple de la farine nécessaire à la réalisation d'une baguette. Ils sont dit indirects quand ils représentent des engagements financiers plus généraux tel le prix du loyer d'une boulangerie.  

2. La compréhension des différents coûts générés par une activité économique est un des enjeux  pour les démarches d'équité économique. Oublier que derrière un produit il y a des coûts, c'est oublier qu'il y a des hommes, des rémunérations, des savoirs-faire, un environnement...Coût de revient: Ensemble des coûts d'un produit proposé à la vente. Le coût de revient rend compte financièrement de l'activité nécessaire pour proposer un produit. Il est constitué des coûts d'achat, de production et de distribution liés à un produit. Son calcul nécessite de distinguer les coûts en fonction de leur nature. Certains sont dits fixes car indépendants du volume d'activité, d'autres sont dits variables car dépendants de celui-ci.

Prépaiement

1. Paiement effectué en amont de la réception de la marchandise. L'avance est réalisée pour permettre au fournisseur d'effectuer les achats et investissements nécessaires à l'activité.  

2. Cette demande de prépaiement s'est développée pendant les années 1990 dans un contexte de commerce équitable de la part d'importateurs-grossistes vis-à-vis de fournisseurs situés dans les pays dit en voie de développement.

Capital

1. Ensemble des biens  et des moyens que l’on fait valoir dans une entreprise : matériel, humaine, réel, technique…

2. Le capital renvoie à la question du financement d'une activité économique. Toute création d'activité nécessite, pour simplifier, du travail et du capital. Créer une boucherie nécessite à la fois de maîtriser une compétence professionnelle et de permettre que celle-ci puisse s'exercer grâce à un local, des outils des meubles, ... L'acquisition de ces moyens pour produire nécessite des moyens financiers. Le capital représente des apports financiers ou en nature dont l'objectif est de permettre l'acquisition des moyens de production nécessaires à l'activité.

Micro-crédit

 1. Dispositif favorisant des crédits de petit volume financier afin de favoriser un droit à l'initiative économique pour tous et notamment pour ceux n'ayant pas de garantie suffisante pour les emprunteurs traditionnels comme les banques. Cette forme de crédit doit permettre en suscitant l'activité d’améliorer les conditions de vie et l'autonomie.  

2. L'idée que les difficultés économiques viennent d'une insuffisance de circulation de crédit est une constante que l'on retrouve notamment dans des projets de crédit mutuel ou de banque du peuple porté par le mouvement ouvrier au 19e siècle. Le souci était alors de rendre le travailleur maître de son outil de travail. Le terme de micro-crédit est lui plus récent et concerne des types d'aide au développement dans les pays pauvres. Toutefois le micro-crédit actuellement s'apparente dans ce contexte des pays pauvres comme un premier pas pour insérer les travailleurs dans le système bancaire traditionnel et peut créer une subordination des travailleurs à des institutions.

Importation

 1. L'importation doit participer à une meilleure compréhension des peuples par l'échange de produit révélant les contextes, les cultures, les luttes sociales. La question de l'importation pour Minga doit s'inscrire dans un projet d'économie équitable.

 2. Développer l'économie équitable, c'est développer des pratiques de production, d'échange et de consommation qui ne se fassent pas en ignorance de là où elle se développent. L'économie du rendement à court terme normalise et standardise les moyens de production afin qu'ils soient localisables n'importe où au gré des opportunités de rémunération du capital. L'enjeu pour Minga est de favoriser une économie participant au droit de vivre et de travailler au pays. Cet enjeu dépasse la dichotomies filière courte/filière longue. Une filière peut être courte et ignorer un territoire, une filière peut être longue et promouvoir des spécificités culturelles, sociales et politiques.