Artisan Semencier, une profession indispensable au développement de filières alimentaires de proximité et de qualité.

« Graines del Païs » et « Jardin’enVie »
 présents à Alimentons-nous, le 14 mars prochain à Saint-Denis

pepinere-JardinenVie3

Produire une semence paysanne de qualité, adaptée à la diversité des usages, des territoires ruraux et urbains, à l’évolution du climat, capable de répondre aux meilleures exigences gustatives et nutritives, est un métier en tant que tel qui met en jeu des techniques culturales, une éthique professionnelle et des connaissances spécifiques.

Seules les plantes issues de variétés paysannes, dont la semence a été produite et sélectionnée en situation réelle de culture, sont capables de vivre en symbiose avec le milieu où elles ont été cultivées et de s’adapter à ses évolutions.

Les restaurateurs, les maraîchers, les pépiniéristes, les arboriculteurs, les brasseurs artisanaux, les jardiniers, les paysagistes, les responsables des parcs et jardins… tous les acteurs qui veulent concilier qualité, accessibilité, promotion des biodiversités, performances à la fois écologiques, sociales et économiques, ont intérêt à dialoguer avec des artisans semenciers, à  nouer des relations professionnelles pour répondre d’un enjeu, d’intérêt général.

ALIMENTONS-NOUS : Un filon de fournisseurs qui partagent la culture populaire des bistrots.

Lundi 14 mars 2016 à Saint Denis

s1.qwant.com proccopeUn bar, un bistrot, un troquet, un café, c’est bien plus qu’un débit de boissons. Dans une ville, une banlieue ou une campagne, c’est le lieu où, le temps d’un café ou d’un repas, l’on partage un peu de chaleur humaine, où l’on échange des idées et des sourires, où l’on se frotte aux mondes en sortant de chez soi.

Comme vos clients, vous êtes attentifs à la qualité de votre alimentation, pas franchement fans de marchandises industrielles et désireux de mieux connaître par qui, et comment sont réalisés les produits que vous proposez. Entretenir des relations de qualité et de compréhension mutuelle avec ses fournisseurs, c’est prendre soin de sa clientèle, c’est cultiver, dans le bon sens du terme, l’identité populaire de son établissement.

« Alimentons-nous » est le rendez-vous des professionnels des circuits alimentaires de proximité à ne pas manquer pour rencontrer, en une après-midi, des agriculteurs, des viticulteurs, des artisans brasseurs, torrefacteurs, producteurs de jus de fruits, meuniers, fromagers, bouchers, charcutiers… qui, comme vous, aiment leur métier mais n’ont pas forcément le temps et les moyens de vous démarcher.

Nous vous invitons à découvrir l’événement via son site internet et à vous inscrire en ligne, afin de choisir vos rendez-vous du lundi 14 mars 2016.

Fourchette seule

télécharger le flyer

www.alimentons-nous.fr
www.facebook.com/Alimentonsnous/

 Twitter : https://twitter.com/alimentons_nous

Contact / Association « Minga, faire ensemble » :
Tel : 07 81 79 65 93
Mel : contact@alimentons-nous.fr

la Scop Alizarine, entreprise de transport et de messagerie fluviale entre la Vallée du Rhône et Paris, présent aux rencontres « Alimentons-nous » le 14 mars à Saint denis

PastedGraphic-3Nous sommes de plus en plus méfiants face aux produits alimentaires industriels dont on ne sait plus ni où ni comment ils sont produits. Retrouver des liens de proximité à son alimentation devient donc une tendance forte qui bouleverse tous les acteurs professionnels d’une filière.

Mais sans infrastructures dédiées à la livraison et au stockage des produits à proximité des lieux de vente, le développement de filières alimentaires de proximité risque d’être entravé.

Les enjeux de réduction des gaz à effet de serre et de la pollution atmosphérique en milieu urbain invitent à promouvoir et à renforcer des modes de livraisons par voie fluviale, maritime ou par rail.  Un port urbain, une gare de marchandises située dans l’agglomération, et non reléguée à sa périphérie, s’y prête donc parfaitement.

C’est pour ces raisons que Minga soutient le projet de port urbain à Nantes que porte l’association l’ANEF (Association Nantaise d’écoconception fluvio-maritime).
Et c’est aussi pour ces raisons que la Scop Alizarine, entreprise de transport et de messagerie fluviale entre la Vallée du Rhône et Paris, viendra présenter son activité aux rencontres « Alimentons-nous » qui se tiendront le 14 mars à Saint-Denis.

Talibreizh, adhérent de Minga depuis 2008. Le combat pour la reconnaissance du métier de récoltant d’algues de rives

André berthou (Talibrez)

Talibreizh est une entreprise individuelle créée par André Berthou en 2003. Elle récolte et propose une large variété d’algues de rives, de coquillages (huitres, coques, palourdes, moules) et de conserves artisanales commercialisée en direct sur les marchés de La Forêt-Fouesnant et de Quimper, ainsi que dans un petit réseau d’épiceries fines ou bio et dans une AMAP à Quimper. Les algues sont proposées brutes, en paillettes, bouillies avec des huiles et en conserves.

Après avoir exercé une multitude de métiers (moniteur de voile, aide sociale à l’enfance, maraîcher, etc… ) André décide de se mettre à son compte avec la volonté de valoriser les algues et de les faire entrer dans les habitudes alimentaires. Refusant de se placer dans une logique de traitement social du chômage quand il travaillait dans l’action sociale à Douarnenez, il voit dans la valorisation artisanale de cette filière une perspective importante en matière de création d’emplois et d’activités (récolte, transformation et recherche, dans les domaines de l’alimentaire, de la cosmétique, de la pharmacopée…). En 2001, avec un brevet professionnel de «responsable d’exploitation aquacole maritime-continentale », indispensable pour obtenir une concession auprès des Affaires Maritimes, André peut envisager la création de son entreprise.

A cause de la pression foncière sur le littoral, André n’a pu trouver un local abordable qui soit adapté à une valorisation de sa récolte dans la cosmétique (savon, shampoing,…). Il s’est alors concentré sur l’alimentation et les coquillages. Avec 500 € en poche pour lever les fonds nécessaires à son installation, le parcours de la création n’a pas été des plus faciles. Grâce à une tontine, il a pu lever 3000€ et obtenir une caution de  Bretagne Développement Initiative  pour un emprunt de 13000€. Malheureusement, malgré un état correct, le bateau lié à la concession n’a pas eu l’autorisation de navigation. Sans bateau, pas de concession, donc la plus grande partie des emprunts a été mobilisée pour construire un bateau neuf.

L’insuffisance de capitaux initiaux contraint André à avoir un emploi alimentaire (mise en rayon dans une grande surface) pour consolider son outil de travail. Il lui a fallu passer 4 années à occuper un double temps de travail pour gagner son autonomie professionnelle.

André-Berthou2Jusqu’à 2005, le marché n’était pas structuré. Le régime d’autorisation accordé pour les algues en 2005 par les Affaires Maritimes précipite la création d’un syndicat professionnel de récoltants d’algues de rives (se distinguant du goémonier : récolte des algues marines par bateau avec un scoubidou ou un peigne norvégien). Mais les principaux acheteurs ne reconnaissent pas la spécificité du métier pour préserver la ressource, les conditions de vente déclarées ne permettent pas une rétribution du travail et traduisent la volonté des acheteurs de maintenir la profession dans la précarité pour réduire leurs frais d’approvisionnement. Le statut professionnel de «  récoltants d’algues de rives » n’existant toujours pas, ceux qui l’exercent restent déclarés à la Mutuelle Sociale Agricole sous un régime d’autorisation spécifique en tant que petite pêche en mer.

En 2008, avec dix de ses collègues, André dépose le statut d’un syndicat autonome à la mairie de Quimper et au greffe du tribunal de commerce : le Syndicat des Récoltants Professionnels d’Algues de Rives de Bretagne (SRPARB). Ils sont depuis une trentaine d’adhérents, représentant 35 % de la profession en Bretagne. Une organisation en syndicat qui permet à André de peser dans les comités des pêches et d’être soutenu par la communauté scientifique, très préoccupée par l’évolution du milieu marin (notamment l’acidification des océans, conséquence du réchauffement climatique). André est élu au Comité Départemental des Pêches en tant que chef d’entreprise de culture marine.

Avec la communauté scientifique (Ifremer, station biologique de Roscoff, le CNRS, l’université Pierre et Marie Curie, et l’UBO de Brest), il précise les zones de récolte, les dates d’ouverture et de fermeture, et valide les pratiques de récolte afin de préserver la ressource. Une grammaire métier se met petit à petit en place et André rédige avec Agrocampus le premier référentiel métier. Avec la reconnaissance du statut, la formation sera obligatoire.

Le 6 octobre 2015 a eu lieu un vote décisif de la « commission algues de rives » du Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins de Bretagne sur la reconnaissance de la spécificité du métier de récoltant d’algues de rives auprès de la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest.  Comme la région Bretagne est la seule région où la profession est organisée, cette reconnaissance sera nationale. Après examen par la Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture, un projet de décret sera soumis à la signature de la ministre en charge de la mer qui reconnaîtra au plan national la profession d’algues de rives.

La reconnaissance du métier est un long combat face à des intérêts puissants. A travers la chambre syndicale des algues et végétaux marins, les industriels comme  notamment CARGILL et  DuPont de Nemours ont fait un intense lobbying pour qu’il n’y ait pas de reconnaissance du statut de la profession en 2001. Des algues laminaires sont extraites, les alginates, agents gélifiants naturels utilisés dans les flans, les glaces, les dentifrices (E400, E 407) et les algues sont également utilisées dans la pharmacie, la cosmétique, la thalassothérapie  et servent de nourriture animale et d’engrais.

Cette victoire dépasse le seul champ des algues. Elle indique comment des rapports de force peuvent s’organiser sur le sujet de la préservation de la ressource avec l’aide de la communauté scientifique. Que la préservation d’un milieu n’est pas incompatible avec l’exercice d’une activité professionnelle, artisanale, et la création d’emploi, bien au contraire. Qu’une grammaire métier peut s’élaborer avec une profession et non lui être imposée par une norme industrielle dite de « bonne pratique ».

« Paysan de la mer en Bretagne » – documentaire réalisé par barak’art en 2010

André Berthou pêcheur d’algues à l’honneur sur webzineco.fr