Edgard Pisani, grand serviteur de l’intérêt général.

utopie foncièreDans le cadre des campagnes « Alimentons-nous » en 2009 et Alimentons les Régions en 2010, nous avions rencontré Edgard Pisani avec les Editions du Linteau et il avait accepté notre proposition de rééditer son ouvrage « Utopie foncière ». La relecture de son livre a été particulièrement éclairante. Elle a confirmé l’importance de l’enjeu foncier, sa complexité et sa dureté. Aux plus jeunes d’entre nous, elle nous a fait connaître l’histoire politique de cette proposition de loi des officies fonciers.

A une autre occasion, il avait également partagé notre opposition aux propos de Pascal Lamy, secrétaire général de l’OMC, publiés dans une tribune du journal Libération. Cela nous avait conduit à éditer un ouvrage collectif en réponse,  à y porter la contribution d’Edgard Pisani et à reprendre pour titre ses propres mots :  « Seule la diversité cultivée peut nourrir le monde » , issus de son livre « Un vieil homme et la terre »( 1).

Nous tenons à saluer la mémoire d’Edgard Pisani, son honnêteté intellectuelle et sa qualité de grand serviteur de l’intérêt général.

Note :
(1) Un vieil homme et la terre, par Edgard Pisani Ed. du Seuil, 2004 (retour au texte1)

La biodiversité cultivée est aussi une affaire de métiers. Pour une reconnaissance du métier d’Artisan Semencier.

Le potager d'un curieux 140912 1
Tomate coeur de boeuf rose EPE 140828 2
Tomate ananas noire MBO 150807 2

Historiquement, la sélection et la production de semences constituaient une pratique et un savoir-faire paysan, et plus modestement des jardiniers. L’exode rurale, l’évolution des modes de vie, des technologies et de l’organisation de l’économie ont profondément bouleversé cette situation.

Quand plus de 85 % des aliments commercialisés dans les magasins bio sont issus de semences présentées comme « modernes » (dont des hybrides F1, CMS, OGM cachés…), les postures de principe qui refusent toute évolution ne tiennent plus. Quand plus de 75 % des variétés traditionnelles ont disparu de la circulation depuis 50 ans, il est plus que temps d’arrêter l’hémorragie.

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L’association « L’Envers du monde » adhère à MINGA.

Quand on est en contact avec des populations dans le dénuement le plus total, les réalités concrètes du quotidien font vite exploser les schémas de développement les mieux intentionnés, comme par exemple le recours systématique au micro-crédit pour lutter contre la pauvreté.

banc 60 violet et vert 3C’est une situation à laquelle Virginie Toussaint s’est frottée pendant plus de 15 ans à travers différentes missions menées au sein d’ONG pour permettre à des familles très démunies d’améliorer par elles-mêmes leurs conditions de vie à Madagascar et au Burkina Faso. L’association « l’Envers du monde » est le fruit de son expérience et de celle de quatre amies ayant travaillé sur des projets d’action sociale dans les pays du Sud, dont elles tirent un constat : dans le domaine du développement, sans une bonne connaissance des réalités de terrain, sans implication des populations locales et sans travail développé dans la durée, les programmes sociaux (accès à l’éducation, à la santé, au logement…) touchent rarement les personnes les plus concernées.

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Contribution de Minga dans le cadre de « Futur en Seine »

Table ronde – vendredi 10 juin 2016 – Gaîté Lyrique
« Le design participatif : une inspiration pour l’entrepreneuriat social »

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Les technologies numériques offrent de telles possibilités que l’on finirait par se prendre parfois pour le capitaine des Shadocks qui demande à ses marins de prendre l’eau à l’arrière du bateau pour la mettre devant.

Certains peuvent croire que le numérique permet l’avènement d’un capitalisme sans friction, où la main invisible d’Adam Smith est contrôlée par des algorithmes du big data. D’autres, qu’il annonce la fin du capitalisme et l’avènement du socialisme. Dans bien des cas, cela revient à voir la fin de tout débat sur des projets de société en se contentant d’un consensus sur les moyens techniques. Abordé dans cette vision idéologique positiviste, limite scientiste du futur, le design peut être pris par la folie des grandeurs et être le support esthétique d’une vision totalisante de la société où le libre arbitre de l’individu n’a pas sa place, en mettant en œuvre ce que le PDG de Sun Microsystem, Scott McNealy, disait déjà en 1999 : « you have zero privacy anyway. Get over it » (« vous n’avez plus de vie privée, il faut tourner la page »).

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