Les voeux de Minga pour 2017

Alimentons nous,
Alimentons l’Europe
des droits de l’Homme,
Alimentons le progrès démocratique

L’année 2016 a été éprouvante pour la démocratie, le monde du travail et des métiers et pour l’Europe comme projet de coopération politique. Elle a aussi été marquée par des aspirations sociales exprimées par de plus en plus de personnes qui n’acceptent pas de devoir choisir, au nom de l’urgence, de la carrière et du profit entre d’un coté, le souci de la qualité et de l’exigence de bien faire son travail et de l’autre,  l’insécurité professionnelle et la précarité des conditions de vie.

Elle est marquée également par une volonté montante de faire ensemble, de coopérer, d’alimenter le débat public pour que le droit et l’initiative se renforcent à la mesure de la gravité et de la complexité du défi écologique.

Ces attentes nous placent à la croisée des chemins. En tant qu’organisation de « producteurs d’intérêt général », elles nous poussent à réaffirmer que la démocratie se défend et se construit, d’abord et avant tout, avec et dans le monde du travail et des métiers. Elles nous obligent à nous exposer pour montrer que les propositions de développement de l’économie de proximité et de qualité que nous portons sont efficaces et pragmatiques, ne sont pas minoritaires et concernent tout le monde. Elles nous obligent a assumer nos convictions européennes. Elles nous engagent à bâtir ensemble, là où nous habitons, une organisation à la hauteur de ce défi.

C’est ce niveau d’ambition professionnelle et politique qui sera débattu lors de la prochaine AG de Minga le 5 et 6 février 2017.

C’est ce niveau d’ambition qui nous invite à lancer dès aujourd’hui une souscription pour rééditer le tablier « Alimentons-nous, alimentons la démocratie »

C’est avec ce niveau d’ambition que nous souhaitons une nouvelle année pleine d’audace et de progrès démocratiques.

Minga, faire ensemble.

Un tablier de travail, pour alimenter la démocratie

Pour soutenir le développement de Minga avec et dans le monde du travail et des métiers, et affirmer, plus singulièrement encore dans cette période de campagne présidentielle, que la démocratie est une affaire qui concerne en premier chef le monde du travail et des métiers, Minga réédite en 200 exemplaires le tablier « Alimentons nous, alimentons la démocratie »; un produit cohérent illustré par le graphiste Laurent Vanhelle, composé d’un tissu de coton (70 %) et de lin (30 %) cultivés en agriculture biologique, certifié GOTS (Global Organic Textile Standards), et réalisé par l’association « Mode-estime » (93).

Tirons le fil de la filière textile

Le 24 avril 2013 s’effondrait l’immeuble du Rana Plaza dans la banlieue de Dacca au Bangladesh rappelant, une fois de plus, les conditions de travail de ces « ateliers de la misère » où est confectionnée la majeure partie de la production textile des grandes enseignes mondiales. Continuer la lecture

Faut-il renoncer à se rétribuer quand on produit un bien commun ?

capture-decran-2016-12-06-a-20-16-20Comprendre le monde pour agir sur son devenir est une liberté qui fonde notre humanité.
Aujourd’hui la financiarisation de l’économie qui aspire à vouloir tout privatiser restreint cette liberté d’accès à la connaissance. Avoir l’usage d’un bien, oui, mais comprendre comment il fonctionne pour l’améliorer, le réparer, le détourner, l’embellir… non ?
Face à de nouvelles formes d’ « enclosures », les producteurs de logiciels libres, les artisans semenciers, divers créateurs d’objets, d’oeuvres et de services sont confrontés à la question commune de leur modèle de développement économique pour tirer un revenu décent de leur travail.

En clôture du second workshop organisé dans le cadre du programme européen CHIC* , la coopérative Libre Informatique, l’organisation des artisans semenciers et l’Open Fab de Bruxelles viennent partager leur expériences et croiser leurs perspectives de développement avec tout professionnel et citoyen intéressés par la question, le jeudi 15 décembre à 18h à la coopérative Point Carré.

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Lait équitable. Une initiative solidaire ne peut pas blanchir à elle seule les responsabilités de l’agro-business.

La crise agricole et singulièrement celle des éleveurs suscite à juste titre l’attention de l’opinion. Des initiatives commerciales lancées dans la volonté que le prix de vente améliore la rémunération du travail des éleveurs voient le jour et l’on ne peut que s’en féliciter. La brique de lait «C’est qui le patron ?!» est l’une d’elle. Mais si l’intention est louable, le nom de la marque est plus discutable.

Laisser entendre que c’est sur la seule volonté du consommateur que repose un prix équitable, c’est aller un peu vite en besogne. Cela exonère totalement la responsabilité de l’interprofession laitière contrôlée par des multinationales comme Lactalis et des grosses coopératives qui misent sur les volumes pour exporter du lait à bas prix, alors qu’elles sont les principales responsables de l’effondrement des cours du prix du lait en 2009. Cet effondrement permet aux acteurs de l’agro-business de réduire encore un peu plus le nombre d’agriculteurs pour mettre en place des unités de production industrielle type usines à mille vaches, peu attentives aux conditions de travail et au bien être animal.

Si l’ambition est bien de contribuer à améliorer la rémunération du travail des producteurs laitiers, les initiatives marchandes pour corriger les inéquités tarifaires, aussi positives soient-elles, doivent également s’inscrire dans un rapport de force pour peser sur une interprofession et sur les autres acteurs de la filière comme la grande distribution.

L’APLI national & Minga

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